Par Hixache
Déjà qu'on nous demande de faire cours avec un bâillon devant des élèves bâillonnés, et en plus on veut nous transformer en relais de propagande hygiéniste auprès des masqués qu'on nous impose de voir: il faudrait expliquer aux "apprenants" l'importance des mesures de "distanciation sociale", de veiller à leur respect. Contrairement à d'autres, je n'ai pas l'esprit à collaborer avec la dictature. On nous gâte le métier, qui devrait être le plus beau du monde, le plus exaltant, le plus joyeux. Les classes vont devenir des tombes irrespirables.
Mon enseignement (littéraire), c'est inviter à la liberté, à l'ouverture d'esprit, à la perception de la beauté, c'est le dialogue devant des œuvres et des textes, dans l'écoute et la communication directe et vraie. Je veux voir des sourires et même des rires, des fossettes, des mentons, des nez, des lèvres, des bouches, et même des bâillements réprimés, des personnalités. Je veux que mes élèves (étudiants en l'occurrence) me voient comme je suis, qu'ils perçoivent ma joie, mon ironie, mon enthousiasme, qui se lisent sur mon visage, entier!
La seule raison pour laquelle je dévisage de porter ce maudit masque, c'est qu'on me fera des ennuis à tous les niveaux d'autorité qui s'imposent à moi si je ne le faisais pas. Mais que l'on ne compte sur moi pour devenir le porte-parole (étouffée) des mesures hygiénistes et angoissantes sous lesquelles on veut nous faire sous-vivre. L'aspect symbolique est évident! J'ai toujours préféré la vie à la mort...
Je garde un peu d'espoir que la sagesse revienne vite, et que le ministre reçoive assez d'appels qui lui démontreront que les mesures annoncées sont intenables, et donnent de l'école l'image la plus triste qui soit. Et donc qu'il annonce la libération...
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