Par Hixache
Il y a cinq ans, c'était aussi un dimanche, mon père mourait. Mon père...
Homme intransigeant, qui a bien dû composer avec les réalités de la vie: il a toujours fait passer l'amour de ses enfants avant certains de ses rigides avis. L'honnêteté incarnée.
Homme exigeant, autant pour lui que pour les autres, ce que lui valait parfois des inimitiés, mais pour ne pas aimer mon père, il fallait ou ne pas le bien connaître, ou être un abruti.
Il avait horreur des bassesses, des compromissions, du Père Noël, de MacDo, de la fausse gauche mitterrandienne, des dérives morales contemporaines, des lâchetés, des trahisons, des cupidités, il ne pardonnait pas aux cons, malgré son christianisme profond.
Il donnait de son temps et de sa personne pour des associations caritatives, catholiques, ou non. Il était serviable, dur au mal, précis, pointilleux, rigoureux, généreux, il ne s'écoutait pas.
Il était habile de ses mains, réparateur de tout : jardinier, ressemeleur, mécanicien, menuisier...
C'était un homme taiseux - ses sourcils broussailleux parlaient plus explicitement parfois que des phrases - mais créateur de bons mots, un chanteur aussi, à la voix belle, grave et profonde.
Il a donné sa vie pour sa femme et ses enfants.
Les dernières années, il s'était adouci : son sourire traduisait, je le suppose, une satisfaction plus ou moins consciente du devoir accompli : il avait fait son devoir d'homme, lors de son passage sur terre, sa vie...
Je lui suis redevable d'une grande part de ce que je suis, et j'en suis fier : un peu de mon apparence physique, ma rectitude, mon dégoût face à l'injustice, aux actions viles, mon incompréhension devant la méchanceté, mon rejet des modes, de la stupidité, une forme d'intransigeance, mais aussi de respect, seulement pour ceux qui sont respectables...
Je pense souvent à lui...
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