Eklablog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

Moittila

J'en ai fini avec L'herbe simonienne. J'en ai donc tondu plus que la largeur de mes yeux, je l'ai piétinée, et je sèmerai après son arrachage, d'autres graminées plus lisibles: j'ai en cours L'éternel mari de Dostoïevski. Mais comme j'ai l'humeur iconoclaste, je poursuis l'exécution de ce pied-d’œuvre littéraire, qui me donna l’occasion de teste mes capacités de masochisme. Livre ennuyeux pour jours d'ennui. Type d'ouvrage qui aurait pu encore s'étaler sur des centaines de pages, puisqu'il n'a ni vrai commencement, ni vrai milieu, pourquoi aurait-il une vraie fin? L'herbe, ou remplir pour ne rien dire, même pas pour faire du foin.

Deux ou trois scènes triviales qu'on étire, qu'on allonge, qu'on distend en multipliant les incises, les précisions, les incidentes, dont je n'ai que faire, moi, non pas le moi qui prétend enseigner la littérature - enseigne-t-on la littérature?- non pas ce moi-là qui connaît, qui prétend connaître - mais connaît-on la littérature? -, considéré comme un connaisseur, un spécialiste, un savant, mais le moi d'un lecteur qui aime être embarqué, séduit, emmené, et donc avec lui, ce troisième moi, celui de l'homme qui aime relever les défis: Lui (moi): "Je t'ordonne de finir ce livre" et lui (l'autre moi): "Mais..." et l'autre: "Pourquoi pas, tu..." et l'autre "Parce que je veux que tu (je) me (te) laisse(s) le faire sans recevoir d'ordre de toi (moi)." Et il (le cumul, l'addition, l'ensemble) a (j'ai, tu as) repris de L'herbe. Je m'en suis gavé, empiffré, dégoûté non pas délecté, aucune, succulence, mais la satisfaction de pouvoir relever, un défi, un pari, un challenge.

Le succès de ce type de roman est dû pour une part à la peur des veilleurs de passer à côté d'un chef-d’œuvre  contemporain. Surtout, il faut mal écrire, pas comme ces classiques, qui ont fait leur temps, pas comme Céline, ce nazi. Il y aura bien des universitaires en mal d'admiration pour s'extasier devant ce qui ne ressemble à rien. Et qui iront jusqu'au bout de la provocation en inscrivant ce texte à des programmes, à susciter des thèses, à écrire du vide sur du vide dans des revues savantes. Donc tous les non-écrivains pourront arguer de cet exemple pour non-écrire (A.Ernaux en étant l’exemple accompli). 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article