Par Hixache
Lapinette dit à Maman lapin,
Qu'il arrive de dénommer lapine.
De l'appeler ainsi je me retiens,
Évitant équivoque libertine.
Il faut que je retourne à mes moutons.
Mû vraiment d'une ardeur rabelaisienne,
J'ai pris telle quelle l'expression,
Je la remplace donc par une mienne :
Je retourne aux lapins convient mieux,
Compte tenu des héros de l'histoire.
Je reprends aux alentours du vers deux,
Sans la digression superfétatoire.
« Maman, c'est vrai que je suis une fille ? »
« Oui ma fille, lui répondit sa mère. »
« Mais pourtant je joue au ballon, aux billes,
Au foute avec mon père, avec mes frères ! »
« Et alors, lui rétorqua sa maman ?
Voudrais-tu par hasard changer de sexe ? »
« On le peut maman ? On le peut vraiment ? »
« Mais oui, tu seras garçon sans complexe. »
« Oh merci », dit gravement lapinette.
Un peu plus tard la voilà lapinet,
Finis les nœuds roses, finies les couettes,
Le changement fut total et complet.
Après une période d'euphorie,
Celle qui fut femelle maintenant mâle
Ressentit une mélancolie :
« Je sens quelque chose de pas normal... »
Elle regretta sa métamorphose,
Reprocha l'acceptation parentale,
Sombra en une profonde névrose,
Et fit quelques séjours à l'hôpital.
Un jour, alors qu'elle traînait sa tristesse,
Elle vit un chat curieusement botté
Préparer un piège plein de finesse
Destiné à des lapins délurés.
Elle vit là l'occasion d'en finir
En se glissant librement dans le sac :
Plus de tourments, ni plus de repentir,
Pas besoin de se jeter dans un lac :
« J'entre en gré dans le piège et dans le conte :
Le lapin pris de Perrault, c'était moi,
Je m'aimais mieux lapine en fin de compte."
Moralité : il faut s'assumer soi.
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