Par Hixache
Je relis de Flaubert la correspondance.
Je me retrouve en lui : que de ressemblances !
Pas aussi doué, pardonnez l'évidence,
Mais de tempérament, d'opinion souvent :
Ce que doit être l'art, sublime, exigeant ;
L'artiste ne saurait être négligent ;
J'aime ce souci constant de perfection
Qui préside chez lui dans ses créations,
En témoignent ses pathétiques brouillons.
Mais en relisant une autre fois ses lettres,
C'est l'homme que je vois, jusqu'au fond de l'être :
En lui, j'ai l'impression de me reconnaître.
Aucune illusion sur la nature humaine,
Sur la démocratie, la vie politicienne ;
De la médiocrité, il avait la haine,
D'où sa misanthropie, sa vie dépressive,
Les coups durs sur sa sensibilité vive
Lui faisaient prendre à cœur tout ce qui arrive.
Il avait des amis qu'il aimait beaucoup,
Tourgueniev, les Goncourt, Agénor Bardoux,
Particulièrement, au-dessus de tout,
Une admirable estime pour George Sand :
Leurs missives disent combien était grande
Cette affection qui les désaccords transcende.
Je retrouve avec Flaubert un ami, un frère,
Ses désespérances aux miennes similaires,
Ainsi que ses aspirations, ses colères,
Me rapprochent de lui au travers des pages ;
J'ai même envie de répondre à ses messages,
Je le fais en secret, par-delà les âges.
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