Par Hixache
Elle calmait ma douleur existentielle :
Tout n'était donc pas absurde, avec elle
Dans ma vie. Ces moments étaient magiques,
Simples, doux, sublimes et magnifiques.
J'ai même pensé que la Providence
Veillait sur moi : la preuve par ma chance.
Je l'appelais ma muse, ma Soleille,
On tourne au naïf quand on s'émerveille.
Elle m'a quitté. Son imaginaire
A pris le dessus : fin de l'adultère,
Méchant retour de la fausse morale :
Avoir un amant, moi, mais c'est très mal !
Me voilà redevenu le pantin qu'on
Laisse tomber dans l'affreux abandon,
La marionnette qu'on déficelle,
Fini le joujou. Je m'en vais, dit-elle.
Je retrouve ma triste solitude,
Son amour n'était donc qu'un interlude :
Je te prends, tu m'amuses, je te laisse,
C'était bien de t'avoir au bout de ma laisse,
Petit cabot, fidèle, obéissant,
Debout, couché, fais le beau, descends.
Cinq ans de grâce et retour à l'amer,
Au dégoût de tout, c'est qu'on désespère
En l'Amour, quand on est ainsi quitté,
Banni, chevalier courtois, rejeté ;
Je lui donnais tout : j'étais amoureux,
La chute est brutale en tombant des cieux.
Absurde est la vie, non loin de l'enfer,
Dépourvue d'espoir. Maintenant que faire
Avant le trépas, moi qui reste au quai
Dans ma médiocre vie, tout étriquée ?
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