• Trois ans après

    25882 visiteurs, 101866 pages lues, 2404 articles, et trois ans plus tard…

    J'ai tenu bon, tous les jours quelques lignes, de qualité inégale, mais la conviction que certains textes mériteraient un meilleur sort que de rester sur un écran : la poésie se lit mieux sous forme de livre, avec des pages en papier, que l'on tourne, sur lesquelles on revient, par plaisir, par impression que quelque chose de pas encore perçu attendait une relecture, ou simplement par joie de retrouver une expression heureuse, rythmée, harmonieuse, reflet de ce que l'on éprouve soi-même ou découverte d'une vision neuve, due à une sensibilité exacerbée. Je prétends à la profondeur et à la beauté.

    Encore faut-il être lecteur à la hauteur. J'en connais certains qui continuent à lire mes lignes et mes vers non pour en apprécier la réussite et la justesse, mais en traqueurs de dérapages, de motifs pour alimenter leur machine à me détruire. Eux que je remercie encore une fois pour m'avoir poussé à faire naître ce blog, afin de répondre à leur malfaisance. Mais s'ils le consultent encore aujourd'hui, c'est pour de mauvaises raisons : ils cherchent à confirmer leurs a priori narcissiques et à alimenter la rumeur. Leurs premières manœuvres ayant échoué, non contents d'oublier de me présenter leurs excuses, ne supportant pas la défaite, ils reviennent à la charge, et continuent leur entreprise. J'ai appris récemment que certains collègues poursuivent devant les étudiants leur campagne diffamatoire. Il s'agit de me faire passer pour Xénophobe et Homophobe (curieuse façon de lire Hixache!). Ils s’appuient, sur leur malveillance, certes, mais aussi sur l'air du temps, hystérique et crispé, sans humour, sans second degré. Ils jugent tout à l'aune de leur opinion, se croyant détenteurs d'une vision universelle, ayatollah de piètre envergure, voulant repeindre de leurs couleurs fadasses et consensuellement  moralistes toute audace, tout questionnement, tout trait d'esprit. Ils ont choisi les sujets sur lesquels il est interdit d'avoir un peu de distance, un regard différent, et accusent leur ennemi personnel devant le tribunal de leur haute moralité de contrevenir au respect dû aux sujets qu'ils ont choisi de sacraliser. Ce sont les mêmes qui trouvent normal qu'on assassine les enfants dans le ventre de leur mère,qu'on interdise à certains bébés de naître au prétexte qu'ils sont atteints de trisomie, qui sont prêts à anticiper la mort de leurs parents, ou de tout individu dont ils auraient décidé de son droit à vivre, et ils poussent des cris d'orfraie lorsque je me moque des excès de notre temps, communautarisme, différentialisme, germes de divisions agressives et de guerres civiles. Ces nouveaux Savonarole lisent mes lignes comme des Inquisiteurs, au lieu de sourire, d'apprécier, de s'interroger sur le regard porté, de chercher à comprendre. Ces idéologues, courageux collaborateurs du système, délateurs zélés, sont insensibles à la profondeur, à la beauté, et je les imagine avec délectation quêter ce qu'ils veulent trouver, voir confirmées leurs opinions sur ma personne, et blablater entre eux sur ma déviance coupable. C'est à leur intention que j'ai écrit hier ce mot promettant des « révélations ». Il est vrai que je pourrais raconter ici quelques anecdotes, mais je les garde pour plus tard : telle blague par moi narrée lors d'un conseil de classe, et devenue preuve de …, entretien avec un responsable, reconnaissant à demi-mot que...

    Heureusement je sais que j'ai des lecteurs bienveillants, sachant apprécier la qualité et la vérité, pas atteints par l'intolérance postmoderne qui se drape dans un manteau de fausse vertu, conformiste et triste, si triste... eux, en revanche, ne sont pas contaminés par cette machine qui vous dicte ce que vous avez le droit de penser et de dire.

    C'est un autre merci que je leur adresse.

    Il n'est aujourd'hui qu'un seul combat qui vaille, et qui mérite la mobilisation des énergies, plutôt que de s'enfermer dans des offuscations stériles, c'est évidemment celui qui concerne le sort de la planète, et donc des enfants qui naîtront, peut-être…