• Que reviennent les paysans...

    On veut nous faire croire que l'agriculture, après avoir eu besoin de chimie, a maintenant besoin d'informatique.

    Les générations de paysans d'avant l'industrialisation de l'agriculture (oxymore…) comptaient sur l'expérience transmise par leurs aïeux. Sagesse reposant sur l'observation, nul besoin d'ordinateurs, ni d'adjonctions de poisons, pour connaître les saisons, pour demander à leurs terres de faire pousser de beaux légumes sains, pour nommer leurs animaux par leurs noms.

    Ils sélectionnaient eux-mêmes leurs semences, en pensant à l'année suivante.

    Ils étaient dépositaires d'un savoir et de pratiques empiriques qu'ils affinaient et transmettaient.

    Ils n'épuisaient pas la terre, ils ne la stérilisaient pas. Ils établissaient et entretenaient des haies bocagères, ils laissaient la chaîne alimentaire faire un travail naturel, dont ils bénéficiaient aussi.

    Une collaboration entre leur intelligence pratique et celle des mondes animaux et végétaux se traduisait par une forme d'équilibre.

    Ils étaient des paysans, non des exploitants. Ils ne cherchaient pas à spéculer pour le profit en vendant leurs terres à des lotisseurs, des industries, et ils n'auraient jamais accepté de les voir bétonnées pour l'installation de zones d'activités ou d'éoliennes.

    Ils gagnaient leur vie par leur travail, et ne dépendaient pas de subventions. On ne les considérait pas comme des jardiniers du paysage, mais ils le rendaient beau sans le savoir, quand tout était à échelle humaine.

    Mais le productivisme capitaliste, la PAC, l'invention des intermédiaires, la mécanisation outrancière, Monsanto, la FNSEA, les grandes surfaces commerciales, en ont fait des exploitants agricoles assistés et soumis à des diktats, leurs fermes sont devenues de petites usines. Ils ont perdu leur indépendance, leur savoir-faire, leur souci de la nature.

    Au lieu de contribuer au bien-être, ils sont devenus des alliés objectifs des empoisonneurs.

    Heureusement, une prise de conscience se fait jour, et peut-être que demain comme hier, je pourrai aller chercher mon lait et mon beurre à la ferme...