• Que les gens d'esprit ...

    L'écriture inclusive est d'une stupidité telle qu'elle ne devrait pas même faire l'objet de débats. Elle correspond à une fausse logique hystérisée de certaines féministes qui voient le mâle partout, et qui exercent au nom d'un revanchisme bas placé un terrorisme idéologique stérile, abêtissant et dégradant pour la langue française.

    Que ce soient de petits esprits, nouvelle version des demi-habiles pascaliens, qui s'en fassent les promoteurs, ce ne serait là qu'un parisianisme crétin de plus, issu d'un manque de connaissances sur l'histoire de la langue, mais qu'on la voie apparaître dans les lieux de l'intelligence et de la culture, rares îlots préservés jusqu'à présent de la crétinisation des esprits, qui devraient être immunisés contre les modes médiatiques les plus récentes et les plus débiles, cela ne laisse pas d'inquiéter sur nos prétendues élites, en particulier celles qui se présentent comme littéraires. Ce qui est encore plus grave, c'est que les milieux dont je parle ici (les correcteurs des épreuves des ENS Lyon, dont le rapport de jury 2017 vient de paraître), usent de ce trissotinisme ridicule. Le résultat en lui-même est affligeant, porte atteinte au bon sens et à la langue française dont ils se disent les défenseurs. Le pire est qu'ils exercent de cette manière une pression directe sur les étudiants qui présenteront le concours en 2018, puisque le message non subliminal est une incitation à leur complaire en usant de cette perversion de notre bel outil, qui n'est désormais plus commun.

    Jamais, en tant que professeur de Lettres, d'individu sensé, et d'amoureux de la littérature, de l'écriture, de la lecture, je n'accepterai, ni n'encouragerai l'usage d'une telle aberration.

    Il y a quelques années, la revue "L'école des Lettres" avait publié un numéro adoptant systématiquement la réforme de l'orthographe, tout aussi stupide. Dès le numéro suivant, les choses étaient rentrées dans l'ordre. Espérons qu'il en soit ainsi, et que la raison triomphe. Il est permis d'avoir des doutes.

    Tout viol est un crime.