• Préférer la fin d'un monde à la fin du monde

    Pourquoi m'inquiéter d'un monde que je quitterai bientôt ?

    Le monde lui-même est voué à l'inexorable extinction.

    Le degré de stupidité de mes contemporains est tel que la détestable direction qu'ils lui font prendre ne se corrigera pas. Au contraire : on sait les causes des maux, on connaît les responsables des maladies et des catastrophes, et l'on persiste, l'on insiste. Ceux qui ont du pouvoir ne l'utilisent pas pour rectifier le mauvais cap. Le système tourne fou, mais il tourne, et comme il permet à cette infime minorité de mener grand train, de satisfaire son appétit de lucre, de violence, ou de domination, son intérêt égoïste et immédiat, c'est un frein à toute révolution nécessaire. Et les peuples sont tellement avachis, consommateurs crétinisés par la volonté de chacun de paraître, et par la dictature molle et efficace des résossossots relayée par les moyens d'informations si mal nommés, qu'ils se complaisent dans l'ignorance et dans l'absence d'idéal.

    Pourtant les défis sont exaltants : il s'agit ni plus ni moins que de mettre à mort un ennemi redoutable : le capitalisme et le libéralisme, et leurs auxiliaires, l'inertie et l'apathie, le défaitisme et l'inconscience. Il s'agit d'éveiller les endormis, de transmettre le don d'intelligence et de sensibilité dont on a privé les foules et les individus lobotomisés. Il s'agit d'agir.