• Parents de jogueuse, ça court aussi

    Et maintenant les parents Daval. Aujourd'hui, pour être momentanément célèbres, il faut se hâter avant qu'un autre fait divers ne vienne chasser le vôtre. Lelandais semble oublié pour quelques jours, alors engouffrons-nous dans la brèche, dans la béance, dans le voyeurisme frustré et zappeur.

    Comme il ne manque pas de chaînes en panne d'inspiration, ni de crimes à décortiquer, comme micros et caméras montrent leurs présences dès que le sang coule ou a coulé, dès qu'un nouveau témoin, un proche veut s'exprimer, l'occupation des écrans est assurée pour un bon moment, avec les épisodes attendus : viendront les avocats, les reconstitutions, les procès, la sortie de prison, les émissions sur les crimes, …

    Les parents Daval donc ont peur qu'on les oublie. Je veux jouer mon ému, je veux montrer mon grand cœur, je veux dire que ma fille était quelqu'une de bien (c'est vrai, quand on est femme, on ne peut être que victime), je veux dire que je pardonne.

    Et on marcheblanchera, on aura l'air digne en défilant derrière une banderole tout aussi convenue du plus-jamais-ça, non-à-la-haine, ou portant sobrement le prénom de l'assassinée. On n'oubliera quand même pas de se selfier en situation. Propositions pour starteupeurs en panne d'inspiration : l'organisation de ces processions laïques.

    L'autre moyen d'accéder au beuze, quand on est jeune et jolie femme, pas encore tuée par un sale homme, c'est de se prénommer Caroline, Aurore, Najat ou Marlène, de devenir, grâce au physique avenant (merci papa, merci maman) d'avant les rides et la ménopause, ministre, députée, porte-parole d'excitées et de courir d'un plateau à l'autre pour débiter des sornettes aussi prévisibles qu'énormes. Avec un physique avantageux et exhibé, ça passe : les potiches se mettent à causer, concurrence déloyale envers les vedettes des téléréalités, et les nénettes de PBLV.

    Quand son temps sera passé, qu'on se prénomme Roselyne ou Christine, il faudra jouer les foldingues ruquiérisées, à condition de n'avoir aucun sens du ridicule, je ne sais s'il s'attrape.

    Où sont les femmes ? Les vraies ? Dans la vraie vie, j'espère.