• Opéra-tion mutilation (pardon, j'osai)

    En Italie, on met en scène la Carmen de Bizet, enfin, non, une Carmen revue et corrigée à l'encre des Tartufes et Anastasies d'aujourd'hui. Comme on ne peut plus montrer une femme tuée par un homme, c'est Carmen qui tue Don José.Ce n'est pas la première fois que les bien-pensants de nos temps tristes sacrifient sur l'autel des modes des œuvres altérabilisées. Au nom de crispations hystérico-féministes, à cause d'une incapacité au sens du relatif, au prétexte qu'il ne faut plus cautionner des situations sexistes, on plie l'art à l'idéologie. Les communistes, en leurs fâcheuses époques, n'admettaient l'expression qu'à condition qu 'elle fût asservie à la cause. Et l'on s'offusque des pratiques talibanes !

    Deux remarques complémentaires s'imposent :

    1- À l'heure où des demeurés tabassent des policiers, on va les encourager en exposant publiquement, et sous les applaudissements du public, un brigadier tué par une nymphowomane excitée. J'espère que les représentants syndicaux des forces de l'ordre, et leurs femmes, vont réagir afin que soit interdite cette version, insulte à la maréchaussée, et encouragement à #balancetonflic.

    Il faudra donc faire preuve d'inventivité pour une troisième mouture : Carmen épouse Don José, ils sont heureux, et ont …, non, pour être conforme à l'air du temps, on découvre que sous ses airs machistes, Don José est une Dona, et grâce à la PMA, elles donneraient naissance à un.e gosse.

    2- S'il fallait revoir les œuvres du passé à l'aune de l'obscurantisme contemporain, il faudrait modifier toutes celles où les femmes sont maltraitées par les auteurs. Emma ferait des études de médecine, n'échouerait pas à ses exawomen, réparerait le pied-bot, passerait d'un homme qu'elle aurait choisi à un autre, elle se jouerait de Charles, castrerait Rodolphe, empoisonnerait Léon, se vengeant ainsi des millénaires de domination masculine, Messaline des temps postmodernes.