• J'apprécie ces cadeaux que la vie distribue,

    Un regard d'inconnue au détour d'une rue,

    De beaux messages d'une lectrice assidue,

    La voix téléphonée de l'amante perdue.

     

    J'accorde à ces gestes divers et savoureux

    Une valeur suprême qui me rend heureux,

    Rien qui ne soit artificiel ni dispendieux, 

    Sourire sur les lèvres et lumière aux yeux.

     

    La vie est là simple et tranquille, c'est Verlaine

    Qui disait cette phrase de sagesse pleine.

    Quand on a l'âme sensible on aime qu'amène

    En elle la vie ces riens qui lui appartiennent.

     


  • Comme promis, voici versifiée une version vérifiée de ce qui se passa (comme el con d'or, qui ne fit que passer, mais le passif fut lourd!) le 2 décembre 2015, ou plutôt les traces laissées sur ma personne, car, pour les faits, je vous invite à lire ou relire d'autres passages.

    Voici donc ce que ce passé m'inspire, alors que l'avenir m'aspire, et que le présent est soupir…

     

    Que devient cette Alice pleine de vice ?

    Que devient cette Marie pleine de grâce ?

    Que devient cette Lucie pleine de vide ?

    Elles n'avaient rien des trois Parques,

    Même si je leur dois une part de mon destin.

    Elles ont fait sur mon âme quelques marques…

    Leur arrive-t-il d'être des êtres qu'atteint

    Le remords d'avoir agi de travers ?

    D'avoir parlé de travers ?

    De s'être soumises à une sous-miss,

    Une mauvaise actrice,

    Une dénonciactrice,

    Une calomniactrice ?

    Certaines femmes déshonorent le genre féminin,

    En dégoûtent les hommes dont Juan,

    Le séducteur impénitent ;

    Je vois d'ici Lovelace perspicace

    Qui se lasse, qui se casse,

    Valmont qui se glace,

    Casanova qui s'efface.

    Perceval se fit ermite,

    Il n'épata pas la galerie :

    C'est la version du mythe

    Que l'on oublie.

    Mieux vaut être seul

    Que mâle acconnepagné.

    Coudre le linceul

    Sur ses espoirs désespérés.

    Et pourtant je voudrais que le bonheur m'atteigne,

    Ainsi qu'il atteignit l'intelligent Montaigne,

    Quand il vit venir à lui Marie de Gournay,

    J'ai bien une rime ici, mais je la tairai.

     


  • Existes-tu, mystérieuse Éloïse ?

    Que dois-je faire pour que je te lise ?

    Pitié ! Ne me demande de subir

    Le sort malheureux d'un amant martyr.

     

    Je ne veux pas être amant qu'à demi,

    Ne pas me voir des parties départi :

    Le destin du malheureux Abélard

    Ne se compense pas même par l'art.

     

    Es-tu masque ? N'es-tu que virtuelle ?

    Faut-il alors que je coure après celle

    Qui me fait douter de sa vérité,

    Quand je ne connais son identité.

     

    J'aurais pu quelques secondes durant,

    Y rêver, à l'avenir souriant…

    Mais ma vie n'est que spes interrupta.

    J'aurais aimé pourtant qu'elle existât.


  • On a dépoétisé le monde, enlaidi.

    La vitesse, les chiffres, l'industrie, l'argent

    Ont colonisé les espaces, les esprits.

    Entre l'homme et le monde on a mis des écrans.

    On a fait croire qu'il fallait accumuler,

    Acheter, remplacer ; on a créé des manques,

    Besoins factices et désirs renouvelés.

    Il fallait inventer le crédit et les banques.

    Oubliés les péchés, restent les capitaux.

    La finance a étendu son total empire 

    Sur les hommes ; ses caprices dictatoriaux

    Conduisent désormais l'humanité au pire.

    Notre hôtesse Nature nous prévient pourtant,

    Elle nous envoie des signes désespérés.

    Nous préférons danser sur l'irrité volcan,

    Feignant de ne voir la chute s'accélérer.

    Les accapareurs égoïstement insistent

    Dans la voie qui mène à l'anéantissement,

    N'ayant pas d'autre projet que capitaliste,

    Qui pourtant condamne à mort leurs propres enfants ;

    Après eux qu'importe le déluge fatal :

    Ils l'auront eue leur vie de luxe et de luxure,

    Et ces nouveaux et désastreux Sardanapale

    Mourront l'esprit tranquille et la conscience pure.


  • Et si demain était heureux, et si j'allais

    Rencontrer bientôt comme une récompense…

    Non, chasser cette idée, il ne faut que j'y pense :

    Le charme de l'inattendu nie les regrets.

     

    Le destin n'existe pas, n'a pas de secrets,

    Il n'est pas non plus de chrétienne Providence, :

    Le bonheur, le malheur, c'est affaire de chance.

    Qui dira si j'eus le sort que je méritais ?

     

    Inutile, inepte, cette vaine question :

    La vie est bien telle que nous la percevons,

    L'avenir est incertain, bête l'horoscope.

     

    « Peut-être » est un mot dur, dépourvu de beauté,

    « Qui sait ? » me suffira, je vais m'en contenter,

    En imitant la sagesse de Pénélope.





    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique