• A-t-on le droit d'échapper aux laideurs du monde ?

    Quel refuge écarté ? Quel asile éloigné ?

    On m'impose des choses viles et immondes,

    Que je n'ai demandées.Où est ma liberté ?

     

    Décadences de toutes sortes, dictatures

    Consenties, acceptées, c'est la loi du plus con.

    L'esprit humain est en pleine déconfiture :

    « Homme, dit Dieu, qu'as-tu fait de tes sacrés dons ? »

     

    Un jardin décoré d'élégants végétaux ;

    Bêcher, cultiver, semer, regarder la pousse

    Des graines et des plants en passant le râteau ;

    Aimer tout, des oiseaux jusqu'à la moindre mousse.

     

    Contempler là-haut les jolis jeux nuageux,

    Sentir la saine fatigue en fin de journée,

    Se dire que la simplicité rend heureux,

    Vers la présente beauté la tête tournée.


  • Je me sens si terne quand je suis plein de vide.

    Je crée cependant un mot : de même qu' « avide »

    Fait « avidité », j'enfante donc « ternité »,

    Espérant renaître alors de ma ternité.

     

    Dans le même ordre d'invention, que fait « Ève »

    Quand on l'accompagne du suffixe « -ité »

    Pour lui donner un sens de généralité ?

    Ève fait « évité », synonyme de rêve,

     

    Quand l'homme se laisse séduire par la femme

    Tellement ébloui qu'il ne sait éviter

    Nouvel Adam naïf, la trompeuse évité

    Qui le fait choir dans les passionnelles flammes.

     

    Se croyant félice, capace de toucher

    Le paradis promis, mais il n'était que cèce,

    Victime du destin, cruel voire nécesse

    Qu'a l'âme, dérivé du mot « calamité ».


  • La peau aime

    La poésie

    L'appeau et l'appel

    Du premier du moi

    C'est mon jeu

    Mâle dans ma peau

    De poète roi à l'étroit

    Strict au sang su

    Circule interdit

    Glas glacé des glouglous

    Angoissé des décédés

    La mort murmure

    Tumeur tout meurt

    La vie t'alitait

    À l'état latent

    En l'attente

    Du néant trompette

    Du temps bourré

    Des baguettes

    Qui t'ont mené

    Au rythme et freiné

    Trop tard


  • Que faire sur le chemin du désastre sûr ?

    Désespérer, protester, par de vides mots dire

    À tous les aveugles et sourds ce que m'inspire

    L'apathie de leur esprit d'ados immatures.

     

    Regardez donc devant vous : s'approche le mur

    Où s'écrasera, dur et douloureux délire,

    Une humanité cédant au goût de détruire

    Les chances reçues, dégradées en moisissures.

     

    Ou faut-il en rire, user de la dérision,

    N'être que le témoin des actes de ces cons;

    Puisque je ne peux modifier le cours des choses,

     

    Je m'en amuserais, sourire du dandy,

    Las et désabusé qui, ravalant ses cris,

    Blinde l'âme blessée, pleine de rêves roses.


  • J'écris des bijoux pour personne.

    L'écrin reste à peine entrouvert,

    Traversé de prose et de vers,

    L'une raisonne et l'autre sonne.

     

    Jeu de voyelle et de consonne,

    Des mots proposent leur concert,

    Ou c'est la bouteille à l'amer,

    Quand l'espoir d'aile m'abandonne.

     

    J'y glisse mes émois, mes cris,

    Mes révoltes, mes rêveries,

    Des cacophonies qui m'amusent,

     

    De mélancolie l'expression,

    Mais aussi mes admirations,

    Et l'espérance de ma Muse.





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