• De rares moments par nous conçus

    Où nous avons l'idéal connu

    Demeurent gravés en nos esprits

    C'était sur terre le paradis

    La perfection de nos échanges

    À faire pâlir d'envie les anges

    Nous ont tissé d'immatériels liens

    Comme un langage des âmes que rien

    Ne saurait détériorer pas même

    Le silence il dit aussi je t'aime

    S'arracher aux messages du cœur

    C'est la plus terrible des erreurs

    C'est tuer en soi le plus profond

    C'est mourir de dissociation

    Des signes beaux nous furent envoyés

    Nous étions l'un à l'autre destinés

    C'était comme une reconnaissance

    C'était de l'amour pur l'évidence

    D'autres signes douloureux nous disent

    Que la plus fatale des bêtises

    Est lutter contre le sentiment

    Qui jamais ne trahit ni ne ment


  • Le secret secrète la souffrance

    Car le secret se crée sa douleur

    Le mal malin est dans le silence

    Il faut laisser s'épancher son cœur

    L'oubli faux remède auquel on pense

    Se révèle être un dangereux leurre

    Un faux moyen dont l'insuffisance

    Rend inutile et nul le labeur

    Il faut se résoudre aux évidences

    Le plus fort est le for intérieur

    On espère que l'intelligence

    Sera meilleure que la valeur

    Du sentiment puissant pur intense

    Que d'aucuns appellent le bonheur

    On fait front on s'arme de constance

    On se cache on réprime ses pleurs

    Mais l'amour coriace est insistance

    Qui défie la stricte loi des heures

    L'amour est une sublime chance

    Qui ne veut certes pas qu'on en meure

    Lui opposer de la résistance

    C'est risquer le sinistre malheur

    Chacun sait que la persévérance

    Est le pire côté de l'erreur

    Garder en soi le cri qu'on ne lance

    C'est comme être à soi profanateur

    Le corps commet la rude vengeance

    Si l'on force au silence son cœur


  • Il me faudra dans un roman vivre l'idéal,

    Dont j'ai connu les prémisses dans la vraie vie.

    J'étais prêt. Fallait-il encore que l'amie

    Le fût aussi… M'accompagner hors du banal.

     

    La crainte de la disconvenance sociale,

    Le poids fatal de l'infamante calomnie,

    Don du fiel, l'autre face de la jalousie

    Eurent raison de l'attente sentimentale.

     

    Je me soumis pourtant aux preuves douloureuses,

    Peines qui mirent à mal mon âme amoureuse.

    Tel un chevalier fidèle des temps courtois

     

    Je fis preuve d'endurance et de patience,

    D'un respect infini, d'une belle constance, …

     Mais je n'ai rien que des souvenirs avec moi.


  • La vie comme une succession d'espérances

    De promesses reçues pas toujours tenues

    De trahisons d'amour d'amitié déçues

    Qui laissent en l'âme un arrière-goût rance


    Ce sont des futurs au parfum d'évidence

    Des approches d'un idéal entrevues

    Un bonheur intense quand étaient reçues

    Tant de beauté de paroles de confiance


    La vie comme un combat se relever digne

    Après chaque chute rude chaque guigne

    Ne plus espérer vainement pour mieux rire


    Quand l'inattendu frappera à ma porte

    Un cadeau que je ne sais quel dieu m'apporte

    Un présent effectif impossible à dire


  • L'amour se conjugue au présent de la présence

    Il est inaccompli quand seul le souvenir

    Des doux moments heureux à l'esprit fait venir

    Des images si belles déchirées par l'absence

     

    Est seulement kilométrique la distance

    Il est un lien plus fort que tout qui fait tenir

    Ensemble nos âmes que rien ne sait désunir

    Pas même le douloureux le cruel silence

     

    Faudra-t-il ainsi longtemps encore souffrir

    Est-il nécessaire de subir en martyr

    Les flèches acérées de la désespérance

     

    Dont le poison dit qu'il n'y a d'avenir

    Autre que celui des larmes et des soupirs

    Jusqu'au dernier qui met un terme à l'existence





    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique