• La maison du peuple (Guilloux)

    Littérairement, ça ne casse pas trois pattes à un canard. Stylistiquement, c'est tenu, c'est classique. En majorité des dialogues. Les chapitres sont courts. La chronologie est respectée. Il y a ce qu'il faut de personnages, aux personnalités variées. Choix narratif qui consiste à focaliser les informations à la hauteur d'un fils qui voir agir son père. Cela conduit à quelques invraisemblances, il reste au lecteur à supposer que les scènes ou dialogues auxquels il n'a pas assisté lui aient été rapportées. Mais je me sens obligé d'admirer ces pages : Camus préfacier en dit le plus grand bien : il souligne que la voix qui s'exprime, celle de personnage, qui est celle de l'auteur, est effectivement issue du peuple, garantie d'authenticité (ce qui pour moi n'est pas gage de qualité littéraire, mais Camus sait de quoi il parle!). Politiquement, c'est la gauche ouvrière, qui s'en prend à ses exploiteurs parce qu'elle est maltraitée, menacée de misère et de chômage. Guilloux ne fait l'impasse sur les dissensions internes. Mais quand il s'agit d'ériger la Maison du Peuple, c'est joie et fraternité.

    Un passage, pour lier à une actualité dont les médias ont été friandes ces derniers mois :

    « - Ce sont des affiches et des tracts que j'ai reçus du Parti. Il faudra que les camarades se dévouent pour répandre tout ça en ville. C'est contre la vie chère, contre la loi de trois ans et les armements. Il est grand temps de faire quelque chose, Pierre. Qu'est-ce qu'ils cherchent ? Regarde un peu leurs retraites... »