• La loi défèqueniouzes

    Une loi contre les fausses nouvelles... il aurait plutôt en faire une contre la diffusion des mauvaises nouvelles inutiles. Ces assassinats qu'on nous relate à longueur de bulletins -aux notes négatives- dits d'information. Pourquoi celui-là, et pas tel autre? Quels penchants voyeuristes et malsains satisfait-on? Le petit Grégory, la petite Estelle, ... ou telle jogueuse, tel cambrioleur, telle vieille femme. Les meurtriers deviennent des vedettes de téléréalité, leurs portraits, leurs noms, leur enfance, rien ne nous est épargné.Qui regarde toutes ces "Affaires criminelles", et autres "Faites entrer l'accusé", en plus de ces reportages sinistres des chaînes au flux continu, qui charrient complaisamment ces immondices? Pourquoi ce réchauffement au long cours des cadavres? Le foute, la météo, les crimes, ce qu'il faut pour alimenter les conversations de ceux qui n'ont rien à se dire. Et ces caméras qu'on va planter devant les maisons des victimes et des assassins, les intervious des voisins, des cousins, des mères en larmes. N'y a-t-il plus de décence pour faire marcher la machine à distraire?

    Le vrai sujet qui méritait une loi, c'est celui de la transformation en propagande médiatique d'événements présentés comme normaux, et qui font basculer aux yeux des influençables l'anormal du côté du normal. Autre entreprise de démoralisation, course au toujours-plus-en-avance-sur-son-temps, peur de déplaire aux jeunes. Les chaînes TNT à la remorque des nullités youtubées, alors qu'elles devraient être des contrepoids à la médiocrité internettée: célébration des tatoués, des naturistes, des bruyants sur leurs chars, des fumeurs de cannabis, des soixantuitards... Et campagnes de presse haineuses contre ceux qui tiennent un discours différent, aussitôt qualifiés de ringards, de passéistes, de réacs, de fachos, de la part d'apôtres de la tolérance. 

    L'on prétend éduquer à l'esprit critique, à condition que l'opinion soit celle dictée par l'idéologie libertaire et consumériste.