• La fin de la lecture

    Bientôt on ne lira plus : c'est fatigant, ça prend la tête, c'est pour les intello à lunettes. On ne lira plus, même « L'équipe » : nan, veux des images, comme disait l'enfant à sa maman qui lui proposait un livre. Fessebouc est en baisse par rapport à d'autres communications parce qu'il y faut des mots.

    Que dire de la littérature dans ce contexte de l'immédiateté, de la paresse intellectuelle, de baisse du QI ? Il est un autre ennemi qui l'attaque de manière bêtasse : l'absence de culture, la dictature morale, et la médiocrité des intervenants sur les divers écrans, et qui cherchent dans les chefs d’œuvre du passé, qu'ils sont incapables d'apprécier, des situations devenues intolérables à leur bonne conscience sûre d'elle, et de sa supériorité. Ainsi on trouve dans les Mémoires de Casanova des passages scandaleux, que dire alors des Contes de Maupassant, ou des Fables de la Fontaine ? Il faudrait expurger de tous les les livres les situations de domination masculine : quand Babar dit à Céleste « Viens » (ordre patriarcal désastreux pour les enfants), ou on ajoutera une note pour dire que c'est pas bien, que c'était une époque barbare, ou, à l'instar d'un metteur en scène aussi italien que stupide qui fait tuer Don Carlos par Carmen, on inversera, et c'est Céleste qui dira à Babar : « Viens ! ». Heureusement que nous avons tous ces moralistes (dans  "tous", j'inclus "toutes") pour nous rappeler où est le bien, où est le mâle.

    Et pendant ce temps on massacre en Afrique, en Syrie, on laisse faire tous les Erdogan de la planète, des gens meurent dans nos rues.

    Triomphe des incultes bobos.