• Je vous prie, Marie

    N'y a-t-il donc personne...? Tout me lâche...

    La pourriture s'empare de tout. Depuis le doux bruit bruissant des feuilles au vent léger couvert par les moteurs des tondeuses voisines, jusqu'à l'amour pur et profond devenu pour elle inquiétude, déni, reniement, fatigue, en toute médiocrité.

    Les hommes ont reçu sans  aucunement le mériter un don inestimable qu'ils s'emploient méthodiquement à détruire. Les beaux lieux deviennent pièges à touristes vulgaires, les paysages sont pollués, tôlés, bitumés, éolianisés, panneaux-publicitarisés.

    Alchimie à l'envers. Profanations diverses.

    Les livres de valeur ne sont pas lus, quand ils le sont, c'est par obligation. On considère Ernaux ou Cadéo comme de grands écrivains. La langue française, noble, nuancée, variée, précise, fine, est contaminée par une sous-langue globiche et brutale.

     L'homme est un jouet qui doit consommer au nom de la logique économique. Même la vie humaine devient une donnée matérielle que l'on interrompt à son gré.

    Et mon Amour! Elle aussi! Ma déesse, une harpie? Non!

    Il y a bien Anna de Noailles, mais elle est morte.

    Il ne me reste qu'à placer mon espoir en Marie, que je prie hier comme aujourd'hui...