• Je vous l'avais bien dit...

    Une nouvelle fois, l'actualité éditoriale rejoint des préoccupations actuelles que je dénonce depuis des années dans le milieu professionnel où j'exerce. Je ne parle pas ici de la manipulation des êtres et des accusations, quand le "harcèlement sexuel" devient un outil instrumentalisé par des jaloux vengeurs, où tous les moyens sont bons (façon de parler!), même les plus honteux, pour éliminer celui qu'on a désigné comme un ennemi, mais j'évoque une autre dérive, liée à la précédente pour des raisons que je m'en vais vous expliquer. Parmi mes chevaux de bataille qui m'ont valu cette ostracisation, ma lutte contre la pente déshumanisante et impérialiste de la sociologie, devenue, à cause de l'emprise habilement gagnée par celui qui l'enseigne, le regard obligé qu'il faudrait avoir sur la vie. Je me demande si c'est  la sécheresse de cœur innée du monsieur qui l'a conduit à cette matière (le mot convient bien), ou si c'est la dimension algorithmée, pourcentagée, tableauisée de la discipline qui lui a fait perdre toute sensibilité. Nos classes préparatoires, sous sa "responsabilité" (voir un autre article récent), ont perdu peu à peu leur vocation humaniste. La démarche fut longue, insidieuse, les signes furent nombreux, et, désormais, tout concorde, et la vérité éclate. Il réduit tout aux chiffres, aux calculs, au taux, et ne voit dans les êtres que leur appartenance à tel groupe ou à tel autre. Une résistance s'imposait donc pour s'opposer à cette tendance fâcheuse. Je l'ai menée avec les conséquences que l'on sait.

    Paraît ces jours-ci Le danger sociologique de MM.Bronner et Géhin (PUF), qui soulève ce problème. On y voit la confirmation du risque totalitaire, de l'insuffisance des explications courtes et simplistes.