• Fable pour ces jours tristes

    Le hamster s'ennuyait: que faire dans cette cage étroite? Manger, dormir, attendre, attendre, ... quoi?

    Par besoin d'oublier, de s'amuser, il entra dans la roue proposée.

    Le mouvement du cylindre mû par sa marche le fit sourire, il oublia par ce divertissement, la misère du moment, jusqu'à l'étourdissement. 

    Son esprit se vide de tout ce qui le préoccupe, au rythme de ses pattes.

    Grisé par la vitesse, il accélère, accélère encore.

    Toujours plus vite, entraîné par lui-même, par cette roue dont il est devenu l'esclave obligé, il ne rit plus.

    L'amusement l'abuse, devient contrainte, souffrance. À la douleur du corps s'ajoute celle de la conscience revenue, l'effet dopaminant s'atténuant.

    Ce n'est pas la vie que je voulais. Je veux sortir! Je ne peux ralentir...

    Maudite roue! Maudit mouvement! Maudit moi qui suis devenu l'instrument de mon propre malheur!