• État des lieux

    On a dépoétisé le monde, enlaidi.

    La vitesse, les chiffres, l'industrie, l'argent

    Ont colonisé les espaces, les esprits.

    Entre l'homme et le monde on a mis des écrans.

    On a fait croire qu'il fallait accumuler,

    Acheter, remplacer ; on a créé des manques,

    Besoins factices et désirs renouvelés.

    Il fallait inventer le crédit et les banques.

    Oubliés les péchés, restent les capitaux.

    La finance a étendu son total empire 

    Sur les hommes ; ses caprices dictatoriaux

    Conduisent désormais l'humanité au pire.

    Notre hôtesse Nature nous prévient pourtant,

    Elle nous envoie des signes désespérés.

    Nous préférons danser sur l'irrité volcan,

    Feignant de ne voir la chute s'accélérer.

    Les accapareurs égoïstement insistent

    Dans la voie qui mène à l'anéantissement,

    N'ayant pas d'autre projet que capitaliste,

    Qui pourtant condamne à mort leurs propres enfants ;

    Après eux qu'importe le déluge fatal :

    Ils l'auront eue leur vie de luxe et de luxure,

    Et ces nouveaux et désastreux Sardanapale

    Mourront l'esprit tranquille et la conscience pure.