• Roman qui tient par sa forme et son ton. Au cœur thématique, le jeu pianistique, en particulier celui des Variations Goldberg, que Gould, ici personnage, a rendues célèbres. Logorrhée d'un narrateur qui restitue des pensées, obsessives, déployées à la manière, je le suppose, de la composition musicale en question. Si c'est bien le cas – un musicologue-lecteur pourrait confirmer cette mienne intuition - , exercice plein de maîtrise et d'audace où il s'agirait de trouver une équivalence verbale d'une pièce musicale particulière : des annonces, des reprises, des répétitions-variations, style spiralé dont certains mots ou expressions équivaudraient à des notes, des groupes de notes, des rythmes, de modalités. Le récit avance ainsi par reptation, par touches successives, par ajouts, par retours, un nouvel élément venant s'installer entre d'autres déjà évoqués et répétés ou nuancés.

    Comme beaucoup de romanciers du XXe siècle, Bernhard, choisissant la forme du monologue intérieur, intègre les propos et pensées des tiers personnages, de manière habile, forcément indirecte, et originale, ajoutant par le biais d'expressions, comme « pensai-je », « c'est lui (elle) qui parle », une forme de lancinance qui contribue à unifier le tout, comme une basse continue.

    Belle réflexion incarnée aussi sur le rôle de l'interprète, sur son génie, sur les relations interpersonnelles d'amitié-rivalité entre trois hommes très proches, et très lointains : trio, duos, et le piano avec lequel les relations sont tout aussi complexes : attrait-répulsion. La mort est aussi omniprésente : celle de Gould, et le suicide de Wertheimer. Ces sujets sont savamment emmêlés, ainsi, par exemple, le narrateur mène une sorte d'enquête sur les derniers jours de son ami.

    On trouve aussi des réflexions sur la médiocrité ordinaire, dans tous les milieux, bêtise ou cynisme, il est vrai qu'en ce domaine les romanciers de toutes les époques n'ont qu'à observer, tant la permanence humaine évolue peu. Reste à l'artiste de la restituer et de la racheter par l'art de l'écriture.


  • 25882 visiteurs, 101866 pages lues, 2404 articles, et trois ans plus tard…

    J'ai tenu bon, tous les jours quelques lignes, de qualité inégale, mais la conviction que certains textes mériteraient un meilleur sort que de rester sur un écran : la poésie se lit mieux sous forme de livre, avec des pages en papier, que l'on tourne, sur lesquelles on revient, par plaisir, par impression que quelque chose de pas encore perçu attendait une relecture, ou simplement par joie de retrouver une expression heureuse, rythmée, harmonieuse, reflet de ce que l'on éprouve soi-même ou découverte d'une vision neuve, due à une sensibilité exacerbée. Je prétends à la profondeur et à la beauté.

    Encore faut-il être lecteur à la hauteur. J'en connais certains qui continuent à lire mes lignes et mes vers non pour en apprécier la réussite et la justesse, mais en traqueurs de dérapages, de motifs pour alimenter leur machine à me détruire. Eux que je remercie encore une fois pour m'avoir poussé à faire naître ce blog, afin de répondre à leur malfaisance. Mais s'ils le consultent encore aujourd'hui, c'est pour de mauvaises raisons : ils cherchent à confirmer leurs a priori narcissiques et à alimenter la rumeur. Leurs premières manœuvres ayant échoué, non contents d'oublier de me présenter leurs excuses, ne supportant pas la défaite, ils reviennent à la charge, et continuent leur entreprise. J'ai appris récemment que certains collègues poursuivent devant les étudiants leur campagne diffamatoire. Il s'agit de me faire passer pour Xénophobe et Homophobe (curieuse façon de lire Hixache!). Ils s’appuient, sur leur malveillance, certes, mais aussi sur l'air du temps, hystérique et crispé, sans humour, sans second degré. Ils jugent tout à l'aune de leur opinion, se croyant détenteurs d'une vision universelle, ayatollah de piètre envergure, voulant repeindre de leurs couleurs fadasses et consensuellement  moralistes toute audace, tout questionnement, tout trait d'esprit. Ils ont choisi les sujets sur lesquels il est interdit d'avoir un peu de distance, un regard différent, et accusent leur ennemi personnel devant le tribunal de leur haute moralité de contrevenir au respect dû aux sujets qu'ils ont choisi de sacraliser. Ce sont les mêmes qui trouvent normal qu'on assassine les enfants dans le ventre de leur mère,qu'on interdise à certains bébés de naître au prétexte qu'ils sont atteints de trisomie, qui sont prêts à anticiper la mort de leurs parents, ou de tout individu dont ils auraient décidé de son droit à vivre, et ils poussent des cris d'orfraie lorsque je me moque des excès de notre temps, communautarisme, différentialisme, germes de divisions agressives et de guerres civiles. Ces nouveaux Savonarole lisent mes lignes comme des Inquisiteurs, au lieu de sourire, d'apprécier, de s'interroger sur le regard porté, de chercher à comprendre. Ces idéologues, courageux collaborateurs du système, délateurs zélés, sont insensibles à la profondeur, à la beauté, et je les imagine avec délectation quêter ce qu'ils veulent trouver, voir confirmées leurs opinions sur ma personne, et blablater entre eux sur ma déviance coupable. C'est à leur intention que j'ai écrit hier ce mot promettant des « révélations ». Il est vrai que je pourrais raconter ici quelques anecdotes, mais je les garde pour plus tard : telle blague par moi narrée lors d'un conseil de classe, et devenue preuve de …, entretien avec un responsable, reconnaissant à demi-mot que...

    Heureusement je sais que j'ai des lecteurs bienveillants, sachant apprécier la qualité et la vérité, pas atteints par l'intolérance postmoderne qui se drape dans un manteau de fausse vertu, conformiste et triste, si triste... eux, en revanche, ne sont pas contaminés par cette machine qui vous dicte ce que vous avez le droit de penser et de dire.

    C'est un autre merci que je leur adresse.

    Il n'est aujourd'hui qu'un seul combat qui vaille, et qui mérite la mobilisation des énergies, plutôt que de s'enfermer dans des offuscations stériles, c'est évidemment celui qui concerne le sort de la planète, et donc des enfants qui naîtront, peut-être…


  • Doit-on dire l'année s'achève ou m'achève?

    Avec elle mes espoirs et mes rêves.


  • Demain je fêterai le troisième anniversaire de ce blog. Ce sera l'occasion d'en dresser un bilan. Je réserve quelques révélations.


  • Pas d'immunité – Rechutes douloureuses,

    Pas d'efficacité des vaccins,

    Retours incessants de la fièvre amoureuse,

    Exaltation qui toujours revient.

     

    Le cœur qui bat comme des cloches furieuses,

    À toutes volées aux clairs matins,

    Mais succédant à ces secousses fiévreuses,

    Sonne monotone un glas sans fin.

     

    Au catafalque mon âme malheureuse,

    Victime de l'injuste destin,

    Le saint encens s'élève en volutes fumeuses

    Vers le ciel, quel est donc ce chemin ?

     

    Je chasse cette vision calamiteuse ,

    Je veux vivre encore même atteint :

    Viendra le jour sublime où ma muse heureuse

    Me saisira doucement la main.






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