• Les aristocrates ces jours ont le sang d'or,

    Et le peuple aveuglé par leurs valeurs s'endort.


  • Elle et moi

    et l'émoi

    Son ombre mon ombre

    Nombre peu nombreux 

    des jours à deux 

    du passé

    Mais ne s'efface 

    la préface

    du livre 

    qui ne s'écrit point

    Reste mon cœur qui point...

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  • Je rends grâce au mal, au nul, au médiocre, au laid:

    Sans eux le beau, le bien, le bon je ne verrais.


  • Quand j'ai dit à mon libraire que j'avais beaucoup aimé le journal de Sylvain (!) Tesson Dans les forêts de Sibérie, parce que c'est frais et vrai, il m'a répondu : « Ah, mais lis Poulain ! C'est blanc poney et poney blanc. Tu trouveras ça beau, ni trop long, ni trop glycérine ». Ses plaisanteries ne manquaient pas de selle, n'étant à cheval sur aucune approximation. J'ai donc lu (enfin, en partie : seulement le train antérieur, je reconnais avoir buté devant devant l'obstacle, les quatre fers en l'air).

    Le livre en question s'appelle Le grand marin, est issu de la plume (pas au poil...) de Catherine Poulainet conte, sous forme prétendument romanesque la vie de l'auteur en compagnie de pêcheurs de l'Alaska. La ville est Kodiak, et la narration pleine de clichés. Les développements sont peu utiles. Le rire du lecteur que je suis provient d'astuces involontaires : « J'aide Jésus à faire la vaisselle. » (p.42), quand je lis « le bateau vire », je pense à Rimbaud, et « Jude love. », je pense aux Beatles. Il m'arrive de m'interroger sur la correction grammaticale : « J'ai mangé une petite chips » (p.87), cette phrase a aussi le mérite de donner un aperçu représentatif du niveau de l'intérêt des observations : nous suivons minute par minute le déroulé de journées identiques, aux dialogues creux, aux attitudes répétées (on crache, on fume, on boit, on se mouche « entre ses doigts », on se couche, on se réveille, on dit bonjour, on va « aux chiottes», on revient des « chiottes »… Le naturalisme de parti-pris restitue aussi la vulgarité des conversations « Hé, Simon, bordel ! Mais qu'est-ce que tu fous ? T'encules les mouches? Tu t'imagines pas que je vais prendre ton putain de quart ? » (p.129), le vocabulaire limité, les tournures faussement réalistes, et qui sont du plus mauvais effet. Pour faire genre, des phrase sont parfois isolées alors qu'elles appartiennent à la continuité de la phrase précédente (manie du style journalistique) : « Il doit rêver de femmes et d'héroïne. Et de whisky. » (p.133). L'ordre des mots est aléatoire : « À moi il sourit le grand marin... » (p.121), « La mer nous entoure. Presque elle nous enrobe. » (p.129), tournure récurrente :« Presque je courais.» (p.101, et un plus loin : « Les bottes, je les avais aux pieds » (moi :!?!). Chaque action est donnée, et l'on cerne mal la raison de mentionner par exemple (payée à la ligne, l'auteur pêche, et déroule trop de fil) : « Je remplis la cafetière et je la mets en marche. » C'est vrai que si l'on veut boire du café, il vaut mieux en passer par là. Mais on trouve aussi de la poésie de pacotille : « Des vagues irisées par les derniers éclats du jour viennent lécher les galets noirs de la grève. » (p.106). Le récit est presque constamment au présent (influence du rythme cinématographique?) On comprend mal pourquoi certains passages sont donnés au passé composé. Les mots anglais abondent : « Il prend des milk-shakes au drive-away de McDo. » (p.106), ou comment faire un alexandrin avec des laideurs accumulées.

    Ce roman étire son fil pendant plus de 360 pages, je suis rentré au port au bout de 140, et j'ai laissé filer ses expéditions aux bateaux de là las ! cas. La pêche met le bas... Presque je suis drôle...


  • J'ai connu l'évidence de la plénitude.

    Plus cruelle en est la présente solitude.