• Je ne sais si je suis un bon fils, un bon père.

    Ai-je assez d'affection pour mes proches ? Mystère…

    J'essayai d'être un mari d'épouse soucieux,
    Mais je ne pus me soumettre à l'ordre capricieux.

    Si je fais du sport, je bricole, je jardine,

    Je n'excelle ni là ni en bonne cuisine.

    La femme de ma vie n'est pas à mes côtés.

    Je ne sais si mes pensers sont bien tricotés,

    Si de mon professorat lettré je suis digne.

    Quant à ma prétention d'auteur, que vaut ma ligne ?

     

    Telle est ma vie, tout à moitié

    (même lorsque je désespère).

    Avide de plénitude, je n'ai

    Qu'incomplétude, quelle misère !

    Ne serai mort à demi dans la bière...


  • S'il n'y avait personne sur cette planète,

    Si de toute présence humaine elle était nette,

    Régneraient de la nature pure les lois ;

    Des vallées, des fleuves, des collines, des bois…

    La beauté d'un monde sans femmes et sans hommes,

    Sans Adam, sans Ève, pour décrocher les pommes.

    Un paradis défiant toute description,

    Faute de poète pour tenir le crayon.

     

     


  • La vie laine la vie laide la vie lie

    La vie laisse en plan en ébauche

    La vie vide avide d'ailes

    La vie comme un fil qu'on étire

    Qu'on emmaille

    Comme une pelote et dix de der

    Après l'endroit les revers

    Je tricote mes mots que je rimaille

    Mais les émaux ont sauté pas les maux

    Une maille des maux

    Les maux les émotions

    Les emmations

    Emma ma fée m'a fait mâle

    M'a fait mal

    C'est Emma qui a … comment c'est ?

    Essai brouillon oublié le modèle

    Et s'est fait la malle

    L'amas de laine point ne s'oublie

    Les aiguilles me transpercent de laide heure

    Il en faut deux pour faire le point

    Le coup de fil file

    Coup coupé

    Fil coupé atroposé

    A trop oser…


  • N'être plus qu'avec son passé pour recréer

    Cette beauté des moments qui furent sublimes

    Par des mots choisis mais inaptes et infimes

    Quand je revois, quand je pense … remémorer …

     

    C'était simple et pur, œuvre d'art sans y songer,

    Évidence, harmonie, tout au degré ultime,

    Une conscience inconsciente d'être à la cime :

    Présence sensible de l'Amour partagé.

     

    Je les ai donc vécues ces minutes intenses,

    Comme une vérité gracieuse, immense chance.

    Plus dure fut la chute, pesanteur des jours,

     

    Sans ma muse aimée, à qui je donnais ma vie,

    Toujours seul après les promesses de l'Amour,

    Seul avec le souvenir et la mot-stalgie.


  • Je ne t'aime pas, solitude détestable ;

    Je ne m'aime pas assez ni suffisamment

    Pour subir sans souffrir un repas seul à table.

    Quand seul je suis sans mon aimée moi son amant,

    A qui confierais-je mes élans et mes doutes ?

    Ma belle est loin de mes yeux mais pas de mon cœur.

    Je lui parle, je l'appelle, paroles dissoutes

    Dans le vide de l'absence et de la douleur.

    Je ne sais si je lui manque comme elle me manque.

    C'est à elle que je pense à chaque moment.

    Sans elle je suis en déséquilibre, banc-

    al. N'entendrai-je plus son petit rire charmant ?

    Cette façon qu'elle a de traîner sur certaines

    Voyelles. Ne verrai-je plus ses grands yeux noirs ?

    Hélas, ces souvenirs me hantent et m'entraînent,

    Pleurent mes yeux et mon âme à ces désespoirs.

     

    Murmure-lui « je t'aime », doux souffle éolien,

     J'espère doucement que ce saint vent l'atteint.






    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires