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    « Le procès de la chemise arrachée »

    Comment expliquer que tous les canaux d’actualité reprennent  cette façon de présenter ce fait divers?

    Cela conduit à minimiser des actes de violence graves, pas seulement contre une pièce de vêtement, mais du matériel a été saccagé, et des personnes ont été agressées.

    Cela conduit à se demander si ce mode d'exposition n’est pas dirigé contre le fabricant de la chemise, insuffisamment solide ; après le premier procès, il y aura certainement la deuxième manche en appel : que de reprises ! Faits à examiner sous toutes les coutures, tant ils semblent cousus de fil blanc.

    J’espère que la victime a pris contact avec des publicitaires : nous verrions dans un spot la scène de l’arrachage, puis le commentaire  se ferait entendre : « Ah! S’il avait porté une chemise Padarach ! », et le slogan : « Avec les chemises Padarach, aucun fil ne lâche ». Et le spot se terminerait sur les couleurs nationales : « La chemise Padarach a l’air France, parce qu’elle est made in France ».


  • Entendu ce matin 28 septembre 2016 sur France Culture  dans la bouche de Mme Sylviane Agacinski à propos de l’opposition au droit à l’avortement qui s’exprime parfois dans des réseaux sociaux : « … la liberté d’expression, mais …». Redoutable et inquiétante cette conjonction. Encore une tolérante seulement pour ses idées. Elle a même parlé de « propagande », avec les connotations que l’on sait de ce substantif. Où est la « propagande » ? Il ne s’agit pas d’opposer une « opinion » à une autre (les « pro » et les « anti ») : la vie n’est pas une opinion !


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    Ni roman, ni autobiographie, ni journal, mais comme Jouhandeau l'intitule lui-même, des « chroniques » : récits de souvenirs probablement, sous des formes variées, liés à la vie commune qu'il a connue avec celle qu'il nomme « Élise ». J'avais extrait ce volume au hasard de ma de ma bilblio-quête : quels sont les livres que je n'ai pas encore lus, ou que j'ai envie de relire ? Curieusement, je clapote dans le marécage conjugal, après l'En ménage de Huysmans (voir plus haut, ou plus bas, c'est selon). La vie de mari est inspiratrice à l'ère où bien des femmes-épouses deviennent insupportables. Satisfaction mienne de voir exprimées des vicissitudes par moi vécues : j'ai reconnu au travers d’Élise une certaine femme que j'ai longtemps fréquentée et dont je m'aperçois maintenant qu'elle n'était qu'une réincarnation. Ce type de femmes qui finissent par vous faire aimer la solitude tant les vexations répétées et diverses, la capacité à vous pourrir chaque instant de votre vie par leur méchanceté, leur hystérie, leur insatisfaction permanente, leur mauvaise foi, leur perversité, leur violence, leur mesquinerie, leur incapacité au dialogue, donnent envie de fuir. Ces femmes appartiennent à un type assez répandu : elles sont soucieuses de leur réputation, de ce qui se dit d'elles, et ne supportent pas qu'on les renvoie à leur vérité, qui consiste à transformer leurs qualités en défauts plus qu'irritants.

    Avant les Chroniques maritales proprement dites, l'édition du Livre de Poche place Élise, comme une sorte d'ouverture. L'auteur la fait parler à la première personne dans une succession de passages plus ou moins autonomes et titrés, souvent liés à un épisode de l'enfance. Élise se raconte, assume son cynisme et ses malfaisances de chipie, ses mensonges calomnieux (elle accuse ainsi deux jeunes garçons d'exhibitionnisme, alors que c'est elle qui s'y était livrée). Elle se présente en victime, notamment d'une éducation trop rude. Les portraits sont campés avec aigreur : les religieuses, le grand-père, le curé Perdriat, qui rappelle Maître Blazius, ses tantes, … Certains passages, notamment celui de la défloration, peuvent permettre de comprendre que sa personnalité a été profondément affectée par une jeunesse douloureuse ; il lui a fallu se forger une carapace, se méfier, se défendre.

    Les Chroniques proprement dites commencent p.62. Une première série s'achève p.238, et sont suivies, p.239 à 430, de « Nouvelles chronique maritales », tant l'inspiration semble prolixe. Pas d'organisation chronologique, mais des regroupements thématiques plutôt lâches (l'argent, les domestiques, la tenue de la maison, les rencontres, le quotidien, des conversations, etc.). Tout tourne autour d’Élise, de ses paroles, ses attitudes, sa vie de tous les jours. Ce qui la caractérise, c'est sa peur d'être dupe, son avarice, ses conduites contradictoires et versatiles, son égoïsme, qu'elle prend pour de la charité (quand elle donne, c'est pour qu'on la voie donner), son incompréhension à l'égard de son mari, ses manies (celle de la propreté par exemple), elle est rusée, violente, vexante, manie le sous-entendu insidieux avec dextérité. Le narrateur-mari ne se sent plus chez lui, il subit douloureusement une guerre quotidienne, un rapport de forces épuisant. « Tout pour elle n'est toujours l'occasion que de reproches » (p.406). Ce sentiment de dépossession de soi s'immisce jusque dans ses relations avec la nature, et avec ce qu'il a de plus personnel : « Ma vie n'est plus à moi, mais mon âme ? »

    Quelle attitude adopter face à une telle furie (« Elle se rend odieuse comme à plaisir », p.387) ? Il se reconnaît lâche : « Qu'y a-t-il en moi pour que je sois si veule ? », se trouve des raisons de rester avec elle, adopte un stoïcisme devant cette douleur permanente. C’est une variété de relations qui se succèdent, outre celle du couple, on assiste à des entretiens savoureux entre la mère et la fille, lui et sa mère, et sa belle-mère, Élise et la sienne, et tous ceux qu’Élise a l'occasion de faire souffrir : ses amies, ses domestiques, sa dame de compagnie, « son » clochard, qui lui permet de manifester une fausse générosité, un jeune homme, André, qui est peut-être son amant, les membres du clergé, en particulier le père N., avec qui elle a d'étranges dialogues.

    Les modes narratifs sont variés : extraits de journal intime, méditations a posteriori, récits au présent de narration, dialogues présentés sous forme théâtrale, alternances entre anecdotes et réflexions. La deuxième partie revient sur des aspects déjà abordés dans la première, souvent les épisodes sont antérieurs dans la chronologie : il est ainsi longuement question de la période des fiançailles, et la thématique religieuse est omniprésente : Élise se veut chrétienne, et veut que cela se sache : elle accueille des miséreux, mais finit par les chasser, elle se dit chrétienne mais est coquette, elle voudrait devenir sainte sans être douée pour l'amour du proche et du prochain.

    Le narrateur reconnaît ses propres contradictions, il s'interroge sur la nature du lien qu'il a avec elle. « Je l'admire ; j'admire en elle de trop près sans doute ce qui m'est le plus étranger au monde et je m'étonne d'en souffrir ? » (p.92). Il dit l'aimer, être inspiré par elle, mais pas comme une muse, plutôt comme un objet de curiosité, il semble vampirisé, et malgré sa lucidité, ne sait s'en détacher : on pense à Des Grieux et sa Manon. Elle lui permet, à cause de son envahissante présence, de ses comportements fantasques, du fait qu'il ressent l'impression de ne pas la connaître malgré les relations conjugales, de mettre en questionnement des notions comme celles de l'intimité et de la nudité « L'alcove », p.150 à 154.

    « Élise est ma femme et sans doute aucun de mes amis, aucun des membres de ma famille, aucun de mes propres membres ne m'est plus intime qu'elle, mais si proche de moi que soit la place qu 'elle s'est faite et que je lui ai faite dans mon univers le plus privé, si enracinée qu 'elle soit à l'inextricable tissu de ma chair et de mon âme (et c'est là tout le mystère et tout le drame de notre indissoluble union), l'inconnu qui passe en ce moment sur le boulevard et que j 'aperçois à peine de ma fenêtre, quel qu'il soit, humainement m'est moins étranger qu'elle. » (p.387)

     

    « L'irréparable, c'est de soupçonner qu'on a été dupé par ce qu'on aime. » (p.62)


  • Bon mes amis mes chers conseillers je vous propose un point sur la situation de ce jour.

    Calais, c'est fait; j'ai promis...

    Les impôts qui baissent, c'est fait j'ai promis…

    Le discours sur la Syrie, j'en ai déjà fait plusieurs. Celui de l'ONU, j'étais bien, n'est-ce pas ? Quand j'ai dit « Ça suffit » . J'ai été grave, juste comme je sais si bien le faire. C'est vrai, non ? Bombarder des enfants et des civils, et des femmes et des gens, c'est vilain.

    Les harkis, c'est fait.

    Combien de voix en plus ? 2 à 3000 ? Ah, il m'en faut encore. Je vous ai appelés pour que vous me fassiez des propositions. L’État vous paie pour avoir des idées, alors allez-y .

    Voici les miennes, mes idées à gogos, j'en ai beaucoup (hi hi) :

    Je vais avoir du cran en recevant le président du CRAN (hi hi), ce sera lors d'un petit-déjeuner : on me verra avec mon petit noir (hi hi), ça ne mange pas pain, comme disait Denis (hi hi), oui, je sais ça fume (hi hi) : tant que va peur, tout va bien (hi hi) . Tout va mieux, je l'ai dit, ça, et ça va mieux en le disant, dix ans (hi hi), ça fait deux quinquennats.

    Ensuite les LGBT : je sais qu'ils ne prendront rien les lèse-biens (hi hi), ils me mettront en transes (hi hi), ils sont si gais (hi hi). Je ferai un beau discours avec le ton grave sur ce problème aigu : je flétrirai les homophobes, je dirai que l'intolérance c'est rance, c'est pas bien. Je dirai qu'ils sont rétrogrades, j'emploierai le mot de fascistes, ça fait longtemps que je ne m'en suis pas servi.

    Mais je sais bien qu'il y a des voix à prendre chez les rétrogrades de la Manif pour tous. Donc la semaine suivante je ferai paraître un livre-surprise (qui est volontaire pour me le rédiger?) où j'évoquerai les racines chrétiennes de la France, je suis moi-même issu d'une terre paysanne où les valeurs traditionnelles et patati et patata, ..., je vous laisse la suite…

    Il faudra ensuite que je m'occupe des animaux, oui je sais qu'ils ne votent pas, mais le sujet est à la mode. Même démarche : d'abord faire plaisir aux écolos qui préfèrent les vers de terre aux autoroutes : j'ai moi-même un chien très intelligent que je vois pleurer quand Sarko passe à la télévision , etc. etc. Mais je me rendrai à la feria de Nîmes dire mon attachement aux coutumes ancestrales.

    Je promettrai l'indépendance aux Corses… ce sera un bon aparté… une allocation à tous ceux qui ont été victimes d'intempéries, une aide exceptionnelle aux agriculteurs, je dirai que les forces de l'ordre sont admirables, et les pompiers (c'est déjà fait ? J'avais oublié, mais les électeurs aussi, alors, plutôt deux voix qu'une), les infirmières, et les infirmiers, les professeurs et les professeures, si importants et si importantes dans la transmission des valeurs républicaines, les buralistes, les pompes funèbres, les maîtres-nageurs et les maîtresses -nageures, les éboueurs et boueuses, surtout ne pas les oublier, les veufs et les veuves, les retraités et retraitées, quoi que nous en pensions, quoi que nous leur reversions, les commerçants et commerçantes, les artisans et artisanes, courroies indispensables du lien social, les carrossiers et les carrossières, les éleveurs et les élévatrices, de veaux, vaches, cochons, couvées, les chanteurs populaires, et les chanteuses, les musiciens, et les musiciennes, les artistes, les féministes ; les FEMEN (je ne sais plus à quels seins me vouer .. )

    Bon à vous maintenant, remise des copies demain à la même heure.


  • Sarko ment Sarko ment S...

    Ça r'commence, ça r'commence...






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