• Une bonne illustration d'un principe trop souvent oublié dans notre rapport à la vérité : ne jamais se satisfaire d'une idée toute faite, simplificatrice et donc erronée. Ainsi des jugements sur les personnes et leurs actions que l'on leur prête sans réflexion, sans information à la source, dans un confort lié au refus de la complexité, et au panurgisme rassurant.

    Dans son livre Jacqueline de Romilly redresse l'opinion commune : on ne peut réduire les sophistes de l'époque de Périclès à de beaux parleurs retors, et sans convictions véritables. Il faut distinguer entre eux les maîtres savants et intelligents des suiveurs petits esprits. Ils s'y connaissaient certes en usage habile du discours, mais avaient des idées, variées, sur de nombreux domaines parfois antagonistes selon les individus.

    Les références et les citations sont nombreuses et éclairées par de commentaires fins, et des mises en perspective éclairantes.

    Un beau travail universitaire rendu agréable et accessible grâce à une pédagogie jamais lourde, mais efficace, notamment par le moyen d'un plan progressif et logique.


  • Pervers, mythomanes, narcissiques, salauds

    De tout poil, de tout sexe, âge, de toutes sortes,

    Hypocrites, fats, manipulateurs, cloportes,

    Accusateurs nombrilistes remplis d’égo,

    Vos propos faux tristement trouvent de l’écho,

    Et dans la rumeur vague que l’amer emporte

    Les crédules y portent foi, ferment leur porte,

    Les irresponsables laissent aller sale eau.

    Il m’a trahi : de l’amitié à l’ami nié,

    A lui je me confiais, me voilà calomnié.

    La tartufette se vautre complaisamment

    (Lui et elle de la laideur complets amants),

    Dans la médisante fosse, méchante et bête.

    Et toi le dé n’ai-je pris le bon : j’ai sorti

    Le cœur amoureux, et vous m’avez accueilli.

    Puis vous trichâtes : un pacte ne se rejette.


  •  

    Je ne suis point comme

    Ces mouches qui s 'emprisonnent

    Dans la toile.

     

    Fausse navigation

    Dont l'étoile

    Ramène au porc ,

    Omnivore consentant,

    Peu sentant mais très...

     

    A mes mains dix-sept pouces,

    Je fais céder Rome et son empire,

    Ça me console.

     

    Je suis fou d’Ève et des créatures

    Devant qui je tombe raide.

    Je vis des hauts et d'ébats,

    Je suis à crocs, addict, aphone...

     

     

    Autre version

    Je vis des hauts et d'ébats

    Je suis à crocs, aux abois

    Je pianote sur un clavier

    Mais les seules notes émises

    Sont facturées

     

    Ma video gratias échappe à l'affreux réel

    Dans mon écran 17 pouces le monde est à mes pieds

    Je fais céder Rome et son empire

    Je suis fou d’Ève et des créatures

    A corps parfaits et à cris de souris.

     

    Ça me console

    Je ne suis point comme

    Dans l'autre vie

    Où même un civet

    Ne fera jamais 3 w


  • Un bien beau roman. Je l'avais lu adolescent. Il m'avait laissé une impression heureuse, un cocon que j'aimais retrouver. La relecture a été un enchantement.Surtout les "yeux noirs", qui m'avaient hanté délicieusement. Et puis, ce personnage de Daniel Eyssette est un frère en émotions: le sort qui s'acharne, les incompréhensions de médiocres avec qui il est obligé de frayer, les circonstances douloureuses. Mais surtout cette pureté, cette naïveté, cette innocence, qui lui font parfois commettre des erreurs, qu'il paie cher. Mais la vie peut réserver des surprises heureuses, elle ne nous condamne pas forcément au malheur.

    Pour organiser la matière narrative, Daudet passe de la première à la troisième personne, alternance continue le long du roman, de manière légère, et qui ne surprend pas. Il donne à ses personnages des tics qui favorisent l'imagination, leur entrée dans notre univers mental. Il restitue les pensées et les émotions de l'époque évoquée sans afféterie.

    Bref, c'est simple et beau






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