• 1-8-18 jour du dépassement (18+18: 36es dessous)

    Qu'on n'ait pas envie de recevoir dans notre beau pays les « pas-comme-nous », soit. Il y aurait déjà beaucoup à dire ici sur ce préambule, notamment quant au qualificatif « beau », en ces années où nos édiles, serviteurs zélés du système industriel et commercial, s 'emploient tous les jours à l'enlaidir, à le tôler, le bétonner, le rondpointiser, l'éolianiser, le bitumer, … Mais ce n'est pas l'objet de mon propos, même si un rapport évident peut être établi avec ce qui suit.

    Je reprends donc :

    Qu'on n'ait pas envie de recevoir dans notre beau pays les « pas-comme-nous », soit. Mais que soient condamnés à la souffrance nos propres enfants et petits-enfants, à cause de notre responsabilité, est particulièrement cruel, incompréhensible et immoral. Tout ce qui peut être fait pour leur rendre la vie douloureuse est accompli : ce sont eux qui connaîtront des vagues de migration 1000 fois plus intenses que les actuelles, qui nous effraient déjà, qui devront subir la montée des eaux et des températures, les conséquences de toutes les pollutions (déchets, internet, …). Cela relève du sadisme le plus odieux.

    Pendant que notre façon de vivre, où l'on consacre la plus grande partie de son énergie à se regarder le nombril, à chercher le divertissement le plus « déjanté », à consommer de l'inutile, on refuse de voir que ce mode de vie est excessivement luxueux, qu'on a transformé nos envies en besoins, que nous sommes devenus esclaves d'un système qui serait le seul possible et cause d' une prochaine catastrophe aux mille visages. Ce sont les générations qui nous suivent qui paieront le prix fort. Voilà qui relève d'une bêtise sidérante, d'une méchanceté coupable, d'une inconséquence gravissime.

    Regarde mon enfant dit le grand-père à son petit-fils. J'ai pu sauver du naufrage cette bouteille d'eau et ces quelques fruits. Je crains que nous n'ayons rien d'autre sur cette île stérile. Mais la nuit arrive. Dors, petit.

    L'enfant cédant à la fatigue, l'homme but l'eau, et mangea tout ce qui restait.