• Les gauchers ont déjà leur île et leur Jardin, leur guitariste scarabesque, leurs sportifs adroits de l'autre côté, mais sont-ils pour autant reconnus comme ils devraient ? Leur minorité est souvent considérée comme un handicap : être gaucher peut être pire qu'être de gauche : ils sont en proie à la gauchophobie.

    Comme pour les Noirs, les vocables les distinguant sont connotés péjorativement. En latin sinister, une gaucherie, un gauchissement, le maladroit est gauche, forcément. Et, chez les gauchers, il y a aussi les transgenres, que l'on appelle ambidextres, et non ambisinistres, bien entendu.

    Il est temps de prendre les mesures législatives pour sanctionner tout propos vexatoire à leur encontre, du type : « eh, t'as deux pieds gauches ? » ou « tendre la joue gauche ».

    De même, on demandera aux droitiers de tendre leur main gauche pour saluer un gaucher ; sur les routes les gauchers rouleront à gauche, et les droitiers à droite. Pour éviter les accidents, les priorités seront à l'avenant, et on adoptera le principe de la circulation alternée.

    Quand ils écrivent, sous dictature droitière, les gauchers recouvrent de leur main ce qu'ils viennent de tracer ; avec ce que cela suppose d'étalage disconvenant d'encre fraîche. Par conséquent, désormais, ils écriront de droite à gauche. Dans les écoles, on veillera à ce qu'il n'y ait aucune discrimination en apprenant à tous à lire et à écrire dans les deux sens. Avant d'intervenir, le gaucher lèvera le bras gauche et le droitier le bras droit.

    J'espère qu'il ne faudra pas en appeler à la grève des gauchers pour obtenir une nouvelle dénomination afin d'ôter les restes d'un racisme aussi séculaire que terroriste. Un sondage sera organisé pour leur choisir un nouveau nom. À proscrire : non-droitiers, sinistrés bien sûr.

    Quelques propositions : troidiers, mais trop dépendants de la fausse norme. Il faudrait donc se montrer plus inventif pour trouver un vocable joli, sans aucun lien avec droite ou gauche, tout en gardant les deux syllabes et le suffixe en -er :

    - « rocher » est déjà pris,

    - « loger » fait penser à une agence immobilière,

    - « roger » fait penser à un ancien prénom,

    - « ligier » à une marque de voitures,

    - « léger » a déjà un antonyme,

    - « lisier » n'est guère reluisant,

    -  « riger », mais on dirait « les rigers », et l'on penserait trop architecturalement, …

    Je pencherais plutôt pour les appeler les « ouesters », puisque sur les cartes l'ouest est à gauche, et cela permettrait de nommer les anciens droitiers, à la connotation positive imméritée, les « esters ». La droite devient l'este, la gauche l'oueste. Évidemment, il ne faudra pas confondre un député d'este avec un député de l'est, et il ne sera pas forcément ester. Les modifications nécessaires pour la vie courante se feront rapidement, pour éviter une trop longue transition : cours de conduite : « tournez à l'este, puis à l'oueste », des mal latéralisé.es on dira « il.elle ne sait pas reconnaître son este de son oueste ». Un nouveau problème se pose quant aux genres de ces substantifs ainsi créés. Pour déminer tout conflit, on dira toujours l'este et l'oueste ; il est vrai que l'-e final.e invite à les considérer comme féminins, comme l'étaient déjà « droite » et « gauche », il.elle est vrai.e. Donc on dira « je vais t'envoyer une belle este » ou « une belle oueste », qu'il ne faudra pas confondre, lors d'élections, avec l'expression « se prendre une belle veste ».

    Dans le cadre de cette rubrique contre toutes les discriminations, nous aborderons dans le prochain dossier le sort fait aux porteurs de lunettes (bigleux, binoclards, intellos, …) en envisageant comme mesure nécessaire l'obligation qui sera faite à tous et à toutes d'en porter.


  • Le commerce, le profit, la finance,

    Causes de la morale décadence.


  • Vais-je être encore amoureux ? Me revient en tête

    L'air et les mots simples d'un sensible chanteur :

    « On a beau dire... ». Ce n'est le goût du malheur,

    Des dures peines, des douloureuses défaites…

     

    Il n'est pire souffrance, plus dense et complète,

    Sentiment du vide, inextinguibles les pleurs,

    Perte d'attrait de la vie quand est mort le cœur ;

    Les livres, les amis et leurs conseils si bêtes…

     

    Sans cesse repassent les mots et les images,

    En sont plus cruels les maléficieux dommages :

    « Mais chérie, tu m'avais dit, tu m'avais promis... »

     

    Plaintes infantiles de l'amant délaissé,

    Au destin souverain, aux yeux d'elle soumis…

    Aimer encore quand on se sent tout cassé ?


  • L'amour l'amour chantait Johnny, en héritage,

    Répond le chœur des pleureuses, pour quel partage?


  • C'en est fini de l' industrielle ère

    À moins qu'on ne soit bête et suicidaire.






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